lundi 7 novembre 2016

PROCESSUS DE FABRICATION DE LA TERRACOTTA




La base de cet artisanat de tradition, c'est la terre locale exploitée, nommée dans la région « terra turchina », c'est à dire "argile bleue" à l'arrière des ateliers. Elle contient une forte proportion d'une argile appelée galestro. La précieuse terre est d’abord broyée finement, les plus grosses pierres étant écartées.


Elle est ensuite gachée avec l’eau et longuement malaxée, le mélange adoptant alors une jolie couleur gris/vert. Puis le mélange est récupéré et mis sous forme de "colombins" ("colombini "ou "lucignoli"), c'est a dire de boudins de terre cylindriques (parfois parallèlipédiques).
Puis la mise en oeuvre proprement dite commence. Elle peut être exécutée principalement de deux façons. En moulage, au « guscio », ou manuellement, (« colombino » ou « posteggiatura ») ce qui a pour conséquence de rendre chaque pièce unique.
Pour le "guscio" ("coquille" en italien), on emploi des moules en plâtre. Ces moules sont souvent présents dans l'atelier depuis des générations, légués de pères en fils. Pour les nouveau modèles, ils sont obtenus en moulant les créations originales des potiers ou en utilisant un modle ancien à copier. Puis les différentes parties d'un moule sont délicatement assemblées et maintenus par une sangle. Ensuite, les boudins de terre sont appliqués en premier au fond du moule puis sur les parois. Ils sont alors repoussés vigoureusement avec le poing ou l'avant bras afin d'épouser parfaitement les reliefs du moule. Ce travail peut prendre quelques minutes à quelques jours selon la taille du pot. Lorsque la terre a suffisamment séchée pour ne pas s'affaisser sous son poids, les moules sont retirés.






Pour la technique ancestrale dite « colombino » ou « posteggiatura », elle ne s’effectue pas avec un tour mais c'est le potier qui tourne lui même autour du pot. Ainsi, progressivement, par l’adjonction en forme de spirale de boudins d’argile le vase acquiere sa forme.
Un pot n'est pas façonné en une seule fois. Ce n'est que quand la base est suffisament solide après avoir un peu séché que le travail des parties supérieures pourra ëtre entamé. Mais le travail est loin d'être terminé. Les parois sont encore brutes avec des imperfections qui vont être corrigées à la main. Il ne s'agit pas de seulement de lisser à la main les surfaces mais aussi d'affiner avec soin tous les éléments en relief.


Quand le pot est achevé, il est prêt pour la phase délicate du séchage pendant laquelle l’évaporation de l’eau réduira les dimensions de l’objet d’environ 10%. La durée du séchage dépend de chaque pot et des conditions météorologiques et les pots deviennent de plus en plus gris.
Une fois le pot sec, débute la délicate phase de cuisson au cours de laquelle la température va arriver entre 930 et 1000 ° C. La cuisson dans des fours ("fornace"), s'effectue en deux temps. Lors de la première phase, qui dure 22 à 24 heures, la température est montée progressivement juqu'au maximum recherché, ceci afin d'éviter les déformations excessives. Puis, lors de la seconde phase, cette température est maintenue pendant 10 à 12 heures. Parfois des pièces éclatent ou s'effondrent sur d'autres pots ce qui anéantit le travail de plusieurs semaines.


Deux jours après la cuisson, les pots sont retirés du four puis abondamment arrosés avec de l’eau. La cuisson demande beaucoup de savoir-faire principalement lors de la répartition des pots dans le four. En effet, ce qui va donner la couleur définitive du pot, de rose clair à rouge, c'est la façon dont le pot sera cuit. Ainsi, pour la couleur des terracotta, il n'existe pas de "bains" mais simplement des différences de cuisson qui donnent d'ailleurs une caractéristique unique à chaque pot.

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